M’Bodiene

 

 

 

02 novembre 2007

 

Éliane, notre amie du voilier Tapuni, a la gentillesse de nous proposer un week-end  dans son village.

Vendredi 2 novembre
- 16 heures -
Le minibus nous attend.
En route pour M’Bodiene.
  
  Enfin des vacances, Chéri !
Qu’est-ce que j’fiche ici, moi ?! 
Nous passons de nouveau par Rufisque, puis direction M’Bour.
 
   La Mosquée de Rufisque
La sortie des classes.
Nous suivons la ligne des bus. A chaque arrêt les vendeurs sont nombreux à proposer de l’eau, des bananes ou un tas d’autres produits d’une diversité toujours surprenante.
Éliane achète le kinkeliba - feuilles de thé :
 
Un « Rio Merdo » largement digne de celui de Hann Plage ! 
Halte !

Anecdote : Chaque fois que notre chauffeur passe les vitesses, nous entendons des craquements nous incitant à prier tous les dieux afin que la boîte tienne bon.

2 heures plus tard, la boîte de vitesse ne craque plus… puisqu’il est impossible de passer les vitesses.

Aurait-elle rendu l’âme ?

Par chance, nous sommes devant l’entrée d’une gare routière.

Et dans ces stations, aucune panne ne résiste bien longtemps aux artisans qui vous attendent.

Un rafistolage vite fait bien fait et 10 minutes plus tard, nous repartons.
Tout va bien.

Nous reprenons la route.
La campagne et ses baobabs… Enfin !

Nous arrivons à M’Bodiene.

Une petite visite rapide au village d’Éliane où les femmes préparent notre repas que l’adorable et indispensable Oncle Henri nous livrera quelques heures plus tard au campement.

C’est l’effervescence dans la case destinée à la cuisine.

Les unes plument les poulets, d‘autres s’occupent des légumes ou pilent l’ail. Une marmite trône sur un feu des plus judicieux.

Les branches sont disposées en étoiles. Il suffit de pousser chacune d’elles pour raviver les flammes si besoin.

Nous sommes ici en pays Sérère.

Le dialecte local est donc le sérère. Mais tous comprennent le wolof. Seuls certains, les jeunes garçons essentiellement, parlent le français.

La nuit tombe lorsque nous arrivons au joli campement de M’Bodiene.

Chacun sa case. Plus charmante l’une que l’autre.
   
     

Il y a même la piscine.
 Chic alors !

Bon…heueueu…nous nous baignerons une autre fois !?!

Dès le lendemain, nous prenons un chemin à travers la savane pour nous rendre au village, de jour cette fois.

A peine sommes-nous arrivés que les sofas sortent des cases pour être aussitôt installés au milieu de la cour afin de nous offrir le plus grand confort.

Dans l’après-midi, une visite est prévue sur l’île de Fadiouth ou île aux coquillages, près de Joal.
Mais nous apprenons que la présence d’un guide nous sera imposée. Ceci ajouté au prix du transport ne faisant pas l’unanimité, la visite est annulée.

Ce sera un après-midi plage et la baignade sera fort agréable.

Mais l’accès à la plage se mérite !

Quelques kilomètres, toujours à travers la savane, où ces bovins aux cornes majestueuses retiennent longtemps notre attention.

Nous arrivons devant la lagune.

La plage est de l’autre côté. Il nous faut donc traverser.
On y va !  
Tout le monde en maillot de bain. Les sacs sur la tête.

L’aller se passe dans la bonne humeur avec de l’eau jusqu’à la poitrine.

Le plaisir de penser à la baignade, dont nous sommes malheureusement privés à Dakar, nous ferait gravir des montagnes.

  Nous y sommes ! 
  Mmmm... 2ème bain de l’année !!!
Le retour s’avère moins euphorique.

Le niveau de l’eau a encore monté et a perdu quelques degrés. Ou peut-être avons-nous suffisamment barboté dans l’eau et n’avons-nous absolument pas envie de nous plonger dans cette eau froide ?

Ben oui ! Je l’ai trouvée froide et je n’étais pas la seule à le penser - Na !
Il est vrai que la température extérieure nous a vite fait oublier ces quelques minutes de frissons.
Ce soir, nous prenons le repas au village, en famille.

Chantal et les trois Émilie nous ont concocté un somptueux repas avec une gentillesse inouïe.


Au menu :

Poisson grillé - légumes délicieux et pour ma part rires à volonté avec, entre autres, l’adorable et dynamique Émilie "3" que je vous présenterai un peu plus loin.

Éliane souhaitait nous faire assister à un concert de Djembé mais il est trop tard pour organiser la venue de joueurs professionnels.

Les jeunes nous proposent alors une soirée musicale improvisée.

Alors que nos amis nous quittent déjà pour se jeter dans les bras de Morphée, Candice, Rémy et moi tenons à honorer cette sympathique initiative et découvrir - Enfin ! - la fête à l’africaine.

En quelques minutes, chaises, bancs et même un lit émergeront d’on ne sait où.
Chaque jeune arrivera avec bidons, boites de conserve et baguettes rapidement taillées dans des branches d’arbres.

Les enfants s’installent légèrement intimidés. 
   Nous de même.
Mais très vite, tous laisseront exploser leur joie de participer à cette soirée.
 

Tout le monde est prêt - Que la fête commence !

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(Désolée, mais impossible de faire fonctionner la bande son)

Les femmes et les enfants se lancent dans une démonstration de danses africaines auxquelles nous ne résistons pas longtemps.

 
 
 

Les petites filles, très réservées jusqu’alors, intègrent soudain la piste et exécutent une très jolie danse en cercle (sur le chant que vous entendez) dévoilant, à la grande surprise de leurs mamans, le Beitcho en Sérère ou  Notché en wolof – « jupon de la séduction » fait de dentelle largement ajourée.

   

Même Jean-Yves et Rémy, "embarqués" par la sympathique et joyeuse Émilie 3 , s’ébattront au son du tambour.

 
       

Super soirée !

Dimanche matin, « les Vent de Folie » se lèvent tôt.

Nous allons à la messe.

Nous rêvions d’assister à une messe africaine. L’église se situe derrière le campement d‘Éliane. L’occasion est trop belle.

Nous laissons nos amis faire la grasse matinée au campement et nous rendons au village.
L’église est pleine.

Mamans et petites-filles ont revêtu leurs plus jolies robes. Les grands-mères portent le costume traditionnel.
Souvent les motifs comportent de gros médaillons dans lesquels est inscrit le nom de saint Benoît l’Africain, nom de la paroisse.

Et lorsque les voix de la chorale s’élèvent, rythmées par le son des tam-tam raisonnant tel des battements de cœur…

Lorsque les enfants accompagnent avec liesse, frappant dans leurs mains, le dernier chant de cette messe…

(Film 1550 ko - cliquez le bouton lecture)

… Séquence émotion !

Durant cette messe, le prêtre baptisera 3 enfants. Parfois même des mariages y sont célébrés.

 A la sortie de l’église, les gens se retrouvent à l’ombre des arbres.

 

Les enfants jouent au ballon. Les scouts s’entraînent au rythme du sifflet. Quant aux plus âgés, ils écoutent le chef du village.

 
 

De retour sur la concession  de notre famille d’accueil, nous évitons une flaque de sang dans l’herbe.
Albert, une jeune du village, nous explique que ces gens fêtent le 40ème jour du décès d’un proche. Pour cette occasion, il est de coutume de tuer un (parfois plusieurs) boeuf et de le partager avec famille et amis.

En effet, sur une concession voisine, une famille est réunie.
 
 
Nos amis ne sont toujours pas arrivés.

Un petit café après un réveil bien matinal que, cette fois, Candice a très bien supporté.

Dans la famille d’Éliane, tous s’activent de nouveau à la cuisine.
Je vous présente les deux autres Émilie :
Émilie "1", femme de l'Oncle Henri.
Émilie "2", maman du petit Philippe (voir plus bas).

Ce midi, c’est  Tiou boulettes.

Mmmm ! Mon plat sénégalais préféré !

En attendant et alors que nos amis discutent bateau (pour changer !) sur les canapés du salon (!), je m’éclipse encore une fois pour aller jouer avec les enfants tandis que Candice fait connaissance avec les jeunes gens du village.

Après quelques parties de « 1,2 3, soleil », une petite dans les bras, quatre autres me tenant les mains, les garçons arrivent. Chacun mordille avec gourmandise un bâton de canne à sucre.
Ils me proposent de goûter.

Me voyant apprécier, chaque petit "m’enfourne" son morceau dans la bouche.

Il n’y en a plus – Soit ! - Il suffit d’aller en chercher !

Les enfants me prennent par la main et m’entraînent à travers les rues du village.

Sous un arbre, une jeune femme vend des petites graines de toutes sortes.
Les gens rient en voyant  une toubab ainsi escortée.

Le champ de canne est là. Les enfants passent sur le grillage et reviennent les bras chargés.

Nous avons de quoi déguster tout l’après-midi !

Ces petits bouts de chou éplucheront soigneusement pour moi les tiges de canne à sucre.

Puis notre petit cortège rentre à la maison.

Soudain, quelqu’un m’appelle : « Viens…viens… »

C’est Marie - La superbe Marie à la morphologie d’une athlète de haut niveau.

Je viens !

Je monte les quelques marches de la terrasse.
La famille est assise devant une grand plat de riz aux légumes. Un monsieur sans âge me fait une place et me tend une cuillère.
Tous savent que notre repas nous attend dans l’autre case mais je dois m’asseoir et manger.

Et si vous saviez  comme je me suis régalée.

Rémy, par l’odeur alléché, me rejoindra bien vite. Puis Candice invitée elle aussi par ses nouveaux amis.

 

Marie, je te déclare la Reine du riz et de la convivialité !

Encore un grand moment de bonheur !!!

   Maintenant, à table !
Le Tiou Boulettes est servi !   

Ce merveilleux week-end se termine – Hélas !

Mais nous reviendrons, c’est promis !


Pour le retour, le bus est mini, mini, mini !

Prévu pour 15 personnes, probablement très minces, nous sommes 16 avec le chauffeur et son compagnon.

On pousse afin que tout le monde puisse entrer.

La boite de sardines est pleine - En route !!!

Anecdote : Rémy et moi sommes devant.

  
Sur cette photo, ne vous méprenez pas, la portière est fermée et demeurera ainsi durant tout le trajet.

Et je n’ai pas perdu Rémy en route !!!

Courbatures assurées à l’arrivée !

Nous tenons très, très chaleureusement à remercier Émilie, Émilie et Émilie.
Merci à Marie, Chantal, Jeanne, Pierre, Nicolas, Ambroise, Albert,….
Merci à tous les enfants - Christine, Marie-Dominique, Caroline, Sophie, Jean, Xavier...

Un gros bisou à la petite Mireille, sérieuse et déjà tant de classe, toujours accrochée à moi,  regardant attentivement mes cheveux ou encore mes mains dans les siennes, les trouvant probablement bien blanches.

Un gros bisou à Jules, "Monsieur bisous".  

Et un gros bisou qui claque et un énorme câlin à la petite fripouille qu’est Philippe, 3 ans, qui m’a fait craquer, et qui, je l’espère, n’aura plus jamais peur des toubabs.

       
Merci enfin et surtout à "tonton Henri" : 

   Pour tous ses allers et retours afin d’effectuer les achats pour les repas et petits déjeuners.
   Pour sa gentillesse.
   Et pour son message qui nous a tant touchés.

Car dès le lendemain, alors que nous déjeunions avec Éliane et Jean-Yves, Éliane reçoit un SMS d‘Henri : « Merci à Rémy, Danièle et leur fille pour leur ouverture… »

Mais enfin Henri, c’est nous qui devons mille fois vous remercier toi et les tiens !
C’est vous qui nous avez ouvert votre cœur.
Réalises-tu seulement combien vous nous avez donné ?

Mais non, Jean-Yves, on ne t’oublie pas !
Merci à toi pour ton humour mais aussi pour certaines de ces photographies.

Quant à Éliane qui a organisé ce week-end extraordinaire, aucun mot ne serait assez fort pour te dire combien nous avons été heureux de rencontrer ta famille.

  Éliane et sa fille Caroline

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