Hann Plage

 
             et           

le C.V.D.


Août 2007

 

Nous sommes le mercredi 29 août 2009.

Nous faisons notre entrée à Dakar.
 

 

Au Club de Voile (*) situé à Hann plage.

*3 clubs accueillent les voiliers à Hann Plage, mais le CVD semble attirer la grande majorité d’entre eux depuis bien des années.

Après une semaine de mer et ces heures merveilleuses partagées en famille, nous mettons pied à terre et reprenons, un peu malgré nous, contact avec la société.

Nous sommes désormais des Toubabs -  Des blancs demeurant au Sénégal.

Notre premier contact avec les Sénégalais débutera par une anecdote et j’ai le sentiment que les pages sur ce pays en comporteront beaucoup.
Souhaitons simplement qu’elles puissent toujours avoir ce ton léger.

Anecdote :
Au CVD, on ne sort pas les annexes et encore moins les moteurs très convoités parait-il. Ces derniers doivent être rangés à l’intérieur ou solidement enchaînés sur le balcon.

Comme le veut la tradition, de 8 heures à 22 heures (minuit les vendredis et samedis), un coup de corne de brume (ou le feu de mât le soir) et la navette vient nous chercher.

Pape, le passeur du jour, est nouveau et semble avoir quelques difficultés à s’approcher de notre bateau.
Rémy lui tend la main afin de le tirer.
Soudain, Pape se retrouve suspendu à notre portique.

Rémy aurait-il tiré trop fort ?!!!

Demeurant coi, il reste accroché sans bouger.
Ce n’est que lorsque nous lui montrons que son embarcation prend le large qu’il se décide à plonger.
C’est avec une bonne crise de fou rire et un Pape trempé que nous aborderons la longue passerelle de planches, sur la plage, devant le Club.

Le CVD, c’est un peu (trop !) la France.

C’est sous une pluie torrentielle que nous prenons connaissance des lieux.

Nous sommes immédiatement accueillis par Tafah qui se charge de nous indiquer les tarifs et les formalités à accomplir, puis par Brigitte et Jean-Mi de Fleur de Méninges qui nous présentent les lieux.

L’endroit est sympathique et très accueillant.

 
 

Chaque après-midi, les membres d’équipage des voiliers se retrouvent dans le bar du Club. Les uns s’installent devant leur ordinateur (Internet gratuit), d’autres discutent ou prennent un verre.

     

Certains d’entre eux, occupant le mouillage depuis des mois voire des années, semblent avoir élu domicile au CVD et connaissent tout sur tout.
Selon radio tam-tam, et comme nous le constatons déjà, ils n’ont connu de tempête qu’au comptoir.

Le CVD, c’est "comme à la maison". 

Tout est mis à disposition.

Des douches froides dont très vite on ne peut se passer vue la chaleur étouffante dès l’aube.
Des hamacs suspendus aux arbres pour une sieste à l’ombre, des tables et des bancs de pierre propices aux palabres. .

   

Une grande cuisine où l’on peut remplir les bidons d’eau (avec filtration de la terre).
Dans cette cuisine, une grande gazinière avec four est à disposition afin de se préparer un repas sur place. Repas que l’on peut prendre ensuite sur les tables du CVD, face à la plage ou sous les arbres, toujours en compagnie de nombreuses mouches ou autres insectes non identifiés comme je les adore (!?).
Des réfrigérateurs congélateurs où l’on peut laisser ses victuailles en toute sécurité en attendant le retour au bateau.

Important :

Ne rien laisser sur les paillasses où une multitude de bébêtes noires, rapides comme l’éclair et n’ayant pas froid aux yeux, se précipite sur la moindre denrée et envahirait très vite votre carré.

Vous voyez de quoi je parle ?
On les nomme, très justement et pour être discrets sur leur présence à bord, des indésirables.
La prolifération des cafards étant la hantise de tout navigateur !

Bienvenue en Afrique !

Ceci dit, ils ne sont guère plus nombreux et beaucoup moins gros que leurs cousins canariens.

A l’extérieur, un point d’eau avec de grandes bassines pour le linge. A moins que vous ne le confiiez à Fatou la lingère (3 € la bassine), honnête et consciencieuse, qui vous le rendra immaculé dès le lendemain.

 
     
     

Dans l’enceinte même du CVD, quelques artisans, très professionnels, sont à votre disposition.

Diego répare les voiles, fabrique les tauds, les housses d’annexe ou les coussins de cockpit. Coulibali, dit Couli, passeur à l’occasion, répare les moteurs hors bord. Arona, que nul ne tient à contrarier vue sa stature, est spécialisé dans les moteurs diesel. Il est aussi le plongeur du club et à ce titre est responsable des corps morts.

Ayant déjà fait appel à chacun d’eux, nous pouvons vous assurer que tous sont très compétents et très sérieux.

Pour les petits travaux (plein d’eau, de gaz oil, carénage ou autre), il suffit de demander à El Hadj.

Dès que nous franchissons la barrière surveillée du Club...

          

…nous sommes véritablement en Afrique.

La magnifique et sympathique "Maman Légumes", Gaignesry de son joli prénom, se tient chaque jour derrière son petit étal de fruits, légumes et œufs...frais (?!).

(Photo Karkaïla)
Notre ami Jacques, toujours prêt à dégainer l’appareil photo, nous fait nombre fois profiter de son talent et de son goût pour la beauté sur cette page, et nous l’en remercions.
En face il y a Fara, l’épicier.

Il vous propose entre autres services de changer vos euros en CFA (1 euros = 650 CFA ou plus simplement, 1000 CFA = 1,50 euros). Et au regard de la commission bancaire (2% pour changer des espèces), cela s’avère plutôt intéressant.

Ses étagères en font la caverne d’Ali Baba et si vous ne trouvez pas votre bonheur, il suffit de lui passer commande.
Nous avons même aperçu des boites de cassoulet et de choucroute,  introuvables depuis notre départ de France.

Note : Nous constaterons avec surprise qu’à Dakar, on trouve absolument TOUS les produits français jusqu’alors introuvables.
Attention toutefois : si le prix de la plupart des produits est assez correct (sans être bon marché), certains produits sont très chers. Le chocolat, les jus de fruits (1,50 euros minimum),  le lait (1 euro pour le moins cher - Il est nettement préférable d’acheter du lait en poudre).
D‘autre part, nous mangeons enfin de la bonne viande, ce pour un prix tout à fait correct (9 euros le kg de rosbif). Ici, le bœuf est excellent, le veau a le goût du veau (!) et le gigot, même si le mouton a probablement bien vécu, est excellent.

Près de chez Fara, l’adorable Aïda ou encore Taty vous proposent de déguster  du Yassa-poulet, du Yassa-poisson, une excellente Tiboudienne (petit riz en sauce tomate avec légumes et poisson ou poulet) ou encore de la seiche ou de la lote (petit poisson succulent et sans arête) le tout pour 800 à 1500 CFA (1,20 à 2 euros), servi sur place ou au CVD.

S’installer sur les petits bancs d’Aïda et y prendre le café, toujours en comptant avec les mouches, donne l’occasion de se sentir au Sénégal, de rencontrer la population locale ainsi que des Toubabs extérieurs au CVD, dont le regard sur ce pays qu’ils "pratiquent" depuis bien des années est souvent assez objectif et dont nous apprenons beaucoup de choses.

Un peu plus loin sont installés garagistes, station de taxi, ferronnier, menuisier, chaudronnier,… sans oublier les échoppes indispensables comme le marchand de thé, « Chez le coiffeur », ou encore « Chez Chausse-pied » ou vous pouvez commander des chaussures sur mesure (une semelle découpée dans une mousse très résistante, le tout recouvert de cuir – couleur et modèle – sandale ou tong – au choix avec un résultat superbe et très bien fini pour 9000 à 10000 CFA).

Le jour de notre arrivée, il pleut beaucoup. Les routes sont inondées. L’idéal est donc de retrousser les bas de pantalon et de sortir les chaussures plastiques afin de patauger plus allègrement dans la boue.

Si les rues qui traversent le village ont le calme et la placidité de sa population, dès l’arrivée sur la grande route menant vers Dakar, nous assistons à une véritable cacophonie.

 

  

Bus local appelé encore "s'en fout la mort"

La circulation est dense et les coups de klaxons vont bon train.

Cette première journée à Hann Plage s’achève.

Nous rentrons chez nous avec une foultitude d’informations données par les habitués – certains trop habitués – du CVD.

Tout ceci après une dernière nuit bien brève.

Nous sommes exténués et  n’avons qu’une envie : Dormir.

Mais nous sommes heureux.

Nous avons déjà trouvé ce que nous attendions de ce pays.
Le dépaysement - Les sourires - La gentillesse.

Surprise :
Alors que nous reprenons la navette, un voilier entre dans le mouillage.
C’est Karkaïla.

Un incident, dont Liliane à fait les frais les a contraints à retarder leur escale au Cap Vert.

Et oui, les manoeuvres sur un voilier sont parfois un exercice dangereux.

Quoique, prendre le taxi dans certains pays l’est parfois tout autant !!!

Anecdotes  :  Les taxis sénégalais
Dès le lendemain, nous devons procéder aux formalités d’entrée auprès de la police.

Liliane, Jacques et Rémy se rendent donc en ville.

Ayant enfin obtenu du chauffeur qu’il applique le prix pratiqué pour un aller en ville (1500 CFA), nos 3 compères tentent de monter dans le taxi.

Un grand coup de pied dans la porte... Voilà qui est fait !
On remet ensuite celle-ci en place et on fixe le tout avec du fil de fer.

Démarrage : On prend 2 fils et on les met en contact.
La machine se met alors en branle et le terme n’est point exagéré !

Après quelques instants, de la fumée monte. Lilane sur le siège passager est quelque peu inquiète.
Ce n’est que la boite de vitesse. C’est normal !?!

Tous 3 arrivent sains et saufs en ville.

Rémy se vengera sur un pauvre bras de fauteuil en bois n’ayant pourtant rien demander à personne !

  Pas solide le matériel, ici… !?!
Bienvenue au Sénégal Liliane et Jacques. Nous sommes ravis de vous revoir !

Vous tombez bien. Dimanche 2 septembre, c’est la fête au CVD.

Dès notre premier dimanche donc, une fête est organisée.

Chacun met la main à la pâte.

Brigitte dirige les opérations. Philippe, en Toubab, " très habitué ", surveille les finitions !

    
    
   
Certains en profitent pour se faire dorloter ! 

            La photographe est Liliane et le pacha, c’est  Jacques !

Contrairement aux apparences, Jacques ne ventile pas Monique… Il chasse les mouches !

Les plats ne sont pas très reluisants mais le contenu laisse de bons présages et les mouches s’invitent en famille nombreuse.

    
   
    
 

A savoir : Nous avons constaté que les mouches détestent l’ail et les olives.

J’envisage de faire des chapelets de gousses d’ail à accrocher dans le carré !

  
  
Et tandis que les hommes discutent, ces dames pouponnent.

Ce magnifique bébé, très goulu, ne laissant que peu de répit à sa maman, c’est sans mal que nous nous dévouons Liliane et moi.

Nous avons largement apprécié les qualités de cuisinière de Monique pour le petit riz aux olives.

Tout autant le punch et la monstrueuse dorade aux herbes de Brigitte,

Il est temps de penser à la digestion.

Pour les uns, ce sera à l’ombre.

Les autres optent pour une élimination instantanée des calories.

L’infatigable Dominique
barman attitré
met le feu au CVD !
 

Monique et Eliane* nous initient aux danses africaines.

(*)Note : Sur une population sénégalaise où les musulmans représentent 95%, la proportion de catholiques à Hann plage est relativement importante. Ces Chrétiens ont en principe un prénom français souvent suivi, sur les papiers, d’un prénom sénégalais.

Ça transpire dans les maillots et ça remue du popotin !

      

Dès le lendemain, certains d’entre nous auront droit à leur petit cadeau de bienvenue.

Les toilettes de seront surbookées !!!

Dieuredieuf, Dakar !!!
Merci, Dakar !!!


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