Mercredi 3 septembre 2008



Nous revenons donc de notre séjour dans la famille.

Il est 20 heures 30, heure locale, lorsque nous atterrissons à Dakar-Yoff.

Il fait nuit – Nous débarquons sous des trombes d’eau. 

Une heure 30 plus tard, nous avons enfin récupéré nos 120 et quelques kilos de bagages ayant vraisemblablement stagné trèèèèès longtemps sous la pluie.


Aucun chariot disponible.

Des employés zélés se chargent de les récupérer au plus vite afin de les négocier au mieux.

10 euros les 2 ? 
Ben voyons !
Aucun doute, nous sommes bien à Dakar !

Têtus que nous sommes, nous refusons d’adhérer à ce vol organisé des touristes.

A l’extérieur, c’est la débâcle.. et à tous les niveaux.

Il y a foule et la pluie ne cesse de tomber.
Croulant sous le poids de nos sacs, nous devons avoir l’œil partout à la fois.

Des mains viennent de toute part se poser sur nos bagages.

    - « Je vais t’aider ! »
     - « Touche-pas ! . . .  Laisse-ça ! . . .
     »

Une autre forme de voleurs est là aussi, mais l’on ne me piègera pas deux fois :

Anecdote : Aéroport - Attention … arnaque!
A l’extérieur de l’aéroport, des jeunes gens, bien sous tout rapport, proposent très aimablement de changer leur monnaie en euros - gagnée soit disant en portant les bagages - contre un billet de 20 euros.
Ils comptent rapidement dans leur propre main les pièces de 2, 1 et 0,50 euros – Le compte est bon – Nous avons bien 20 euros.

Ils vous remettent alors leur monnaie et, rapides comme l’éclair, arrache le billet que vous teniez prêt et s’échappent.

Lorsque vous comptez votre monnaie, il vous manque une bonne dizaine d’euros.

Ils sont des dizaines, excellents prestidigitateurs, chaque jour, aux départs et aux arrivées, à attendre le pigeon.

J’en sais quelque chose :
Après un an passé au Sénégal, j’ai été l’un d’eux . . . un pigeon bien sûr !

Ah ! Mon bon cœur me perdra !

Devant l’aérogare, les taxis défilent.

Ils proposent la course à 15 euros (10 000 CFA) - A savoir que l’aller nous avait coûté 3000 CFA, le prix voisinant plus souvent 5000 CFA) – et avec tous nos bagages, nous risquons de devoir en prendre deux.

Pourquoi pas 100 € aussi ?... !

Nous savons que de l’autre côté du parking, en haut, les prix sont plus raisonnables.

Nous progressons très péniblement, chacun avec nos plus de 50 kilos, dans une véritable piscine. 
L’eau monte sous les genoux.
Candice et moi  - moi surtout ! - ne parvenons pas à tenir les sacs hors de l’eau.

Ch’ploc ! Ch’ploc !

Les pantalons sont trempés. Les chaussures collent au fond de cette eau boueuse. Au risque de les perdre, nous poursuivons pieds nus.

Nous trouvons enfin un taxi… et un taxi neuf.
Eureka ! Tous nos bagages entrent dans le coffre et sur nos genoux.

Toutes les routes sont inondées. Un vrai déluge.

La vitesse moyenne est de 25 km/heure – Pour nous, c’est du « jamais vu » à Dakar !

Notre chauffeur, comme les autres, doit souvent faire demi-tour devant des voies devenues impraticables.

Huit yeux scrutent la route.

 Manquerait plus qu’on se plante et qu’il nous abandonne avec notre chargement dans cette apocalypse ! 

Arrivés à Hann Plage, impossible d’aller jusqu’à l’entrée du CVD.

Il ne nous reste que quelques centaines de mètres mais nous ne sentons plus nos bras et apprécions largement l’aide de l’adorable Mamadou, gardien, qui nous aidera à parcourir les derniers mètres jusqu’à la navette dans laquelle Sadiou nous attend.

Il est presque minuit lorsque nous retrouvons enfin Vent de Folie et une odeur de moisi qui persistera plusieurs jours.

Quant à nous, nous sommes bien décidés à ne pas moisir ici !

Car « Dakar, y-en a marre ! » décrète le Capitaine.

Et le CVD . . . aussi !

Petites nouveautés au CVD :

Avant notre départ, nous avions déjà fait les frais d’une nouveauté.

Désormais, pour obtenir un corps mort, il faut non seulement s’armer de patience (voir dernières pages avant départ), mais aussi investir personnellement dans un gros bout bien solide qui permettra d’amarrer le bateau au dit corps mort.

Des bouts ayant cassé, c’est pour responsabiliser les gens, paraît-il.

Soit !

Pour laisser notre bateau en sécurité dans ce mouillage, nous avons donc dû acheter 10 mètres de bout de diamètre 20 à 24. Soient 20000 CFA, auxquels s’ajoutent les 15000 CFA mensuels de frais de corps mort.

Au bar du CVD, une autre nouveauté :

Certains clients ayant laissé quelques notes, il est désormais impossible de consommer sans avoir acheté auparavant un carnet de tickets pour une valeur de 5000 CFA.
Les tickets individuels ne pouvant être cédés qu’aux visiteurs – soient entendus les personnes n’ayant pas leur bateau au CVD.

Vive la convivialité !
Tant pis !

Nous irons nous détendre au bar de l’ADP, marina voisine, où nous serons reçus avec une grande amabilité.

Si l’on ajoute à cela :
    L’incapacité à être aimable de cette chère secrétaire, qui devrait aussi apprendre à  compter les jours de mouillage.

    L’absence totale de contrôle des gardiens, pourtant recommandés par le club, auxquels nous devons confier nos bateaux si nous souhaitons nous assurer qu’il ne finira pas au fond de l’eau ou sur la plage lors d’une tornade.

Bref ! L’ambiance n’est plus ce qu’elle était et nous sommes quelque peu déçus.

A propos de tornade, le nombre d’épaves depuis notre arrivée au Sénégal augmente.

Nous avons pour nouveau voisin un mât. Comprendre un nouveau voilier coulé lors de la dernière tornade, très violente parait-il, et un autre  couché sur la plage depuis le mois de juin.

Nos amis les bêtes à plumes n’ont désormais aucun souci à se faire pour leurs perchoirs.

Quant au Club de voile de Dakar, peut-être devrait-il s’en faire, lui, du souci !

Vivement le départ !

Décidé à quitter les lieux au plus vite, l’équipage de Vent de Folie s’active.

Il nous suffira d’un peu plus d’une semaine pour reprendre nos marques, nettoyer le bateau, faire l’avitaillement, le plein de gaz oïl, le plein d’eau, ainsi que changer notre parc de batteries.

Eh oui !

Notre gardien, non content d’avoir recouvert par des bâches la saleté laissée le jour de notre départ, et de nous laisser le soin de nettoyer notre taud de grand voile couvert de fientes, a probablement omis, également, de nettoyer les panneaux solaires.

Résultat : 4 batteries à changer.
Merci Omar !

A propos de s’activer : Savez-vous que notre lycéenne a repris l’école.

Incroyable mais vrai, il semble qu’elle ait décidé de ne pas se laisser déborder cette année.

Que cela dure !
Mais que son moral remonte aussi.

Notre petit mousse en a, elle aussi, assez du Sénégal et son moral n’est pas au beau.

Elle ne veut pas descendre à terre pour revoir ses amis. Elle préfère « bosser » du matin au soir et avalera une séquence en quelques jours.

Vendredi 12 septembre

Nous faisons nos adieux

Petit pincement au cœur de quitter certaines personnes comme mon amie Fatou, la lingère, Fara l’épicier ou encore Moussa, notre ami pêcheur.                                      

Mais nous sommes ravis de quitter enfin les lieux.                                                           
                                                                   Direction les îles du Saloum . . .   
    

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