Allons vérifier si cette « Isla bonita » en forme de cœur
est aussi jolie et aussi verte qu’on le dit.

Quant à sa forme, je dirais plutôt en forme de carotte alors que Rémy est d’accord pour le cœur…mais un cœur de veau !!!

Les filles s’occupent des victuailles dans le petit marché de Santa Cruz, les hommes de la voiture.

Nous attendons patiemment, puis avec quelque inquiétude, devant le petit et sympathique marché de Santa Cruz.

Réservée depuis 3 jours, la voiture n’est pas prête.
Le départ n’aura donc lieu qu’à 10h30.

C’est le rythme canarien !

La surface de La Palma est de 706 km2. L’altitude y est considérable pour un périmètre si petit. Toute la chaîne centrale de l’île dépasse les 2000 mètres avec un point culminant à 2426 mètres.

Elle se distingue de ses voisines par la couleur verte de ses montagnes et, seule île de l’archipel où coulent ruisseaux et rivières, par son abondance en eau.

Nous consacrerons cette première journée à la visite du sud.

     Prenons la route de Fuencaliente (ou encore Los Canarios, certaines villes ayant 2 noms), au sud de l’île.

A peine avons-nous quitté Santa Cruz de La Palma, les bananiers imposent leur présence et la vigne, plantée de manière assez anarchique, s’étale au ras du sol.

Un peu plus loin, la lave commence à évincer toute végétation pour ne laisser droit de vie qu’aux forêts de pins.

 

Dans cette partie à l’extrême sud de l’île, les environs de Fuencaliente rappellent que la dernière éruption volcanique eut lieu en 1971, pendant près d’un mois, au volcan de Teneguia.
Les coulées de lave sont descendues jusqu’à la mer, s’arrêtant comme par miracle au pied du phare signalant la Punta de Fuencaliente.

Nous sommes désormais sur les nuages et apercevons au loin le Teide ainsi que les îles de La Gomera et Hierro.

Nous sommes ici sur la route du vin.

Une petite dégustation à la Coopérative de Fuencaliente nous permettra d’aborder cette première journée de visite dans les meilleures conditions.

    

Impressions de simples néophytes mais friands de bon vin que nous sommes :

- Nous avons trouvé le Listan Blanco (vin blanc sec) très vert - ma grimace en a témoigné. Mais la dégustation ne comportait que la récolte 2006. Nos délicats palais ont mieux apprécié la cuvée 2004.
- Le blanc doux offre un parfum et une saveur fruités. Pas mal du tout !
- Quant au rosé et au rouge, nous sommes tous d’avis qu’ils ne valent pas la peine de s’y attarder. Le rosé est plat au fort goût de rocaille et le rouge semble avoir été coupé d’eau.
- La dégustation ne comportait pas, hélas, le vin de Malvoisie (vin blanc très liquoreux) considéré par d’éminents personnages du 18ème siècle comme le meilleur au monde.

La nécessité de dissoudre tout cet alcool absorbé nous met en quête urgente d’un endroit pour nous restaurer.
Une petite route au cœur de la forêt nous conduira vers une jolie aire de pique-nique, sur les hauteurs. Tables, barbecue et toilettes à disposition comme toujours et le gardien nous tendra un sac poubelle avant de lever la barrière.

La Gomera est toujours en vue 
Nous allons voir si ce vin est moins vert accompagné de l’excellente tortilla provenant de la boulangerie en face du marché – A bon entendeur salut ! 
    
Notre faim apaisée, tout le monde repart avec le sourire !

Un rapide coup d’œil depuis la route sur le cratère du volcan San Antonio et nous remontons vers Puerto Naos  et Tazacorte, sur la côte ouest.

Quelques plans de vigne persistent mais la végétation se raréfie autour de la route tracée sur d’anciennes coulées de lave.

Au loin des bananeraies occupent les rares terrains plats de l’île, gagnés naturellement sur la mer lors d’éruptions volcaniques.

Certaines bananeraies sont protégées par d’immenses filets. Protections contre le vent pensons-nous.

    

    Sur la route de Puerto Naos, quelques petites maisons, parfois en pierre de lave, aux toits de tuiles rouges aux bords recourbés dans un style un peu asiatique, déploient leur charme sur les hauteurs.
 
Sans parvenir à y accéder, nous apercevons d’en haut la plage de Puerto Naos, « la meilleure de l’île » dit-on.
Cette plage est petite et de sable très noir. De même que la ville qui l’entoure, elle ne semble pourtant pas offrir un intérêt particulier.
Mais la pléthore de logements, sans aucun charme, dans ce centre touristique et de villégiature pourrait faire penser le contraire.   

     De Puerto Naos à Tazacorte, nous ne savons toujours pas si La Palma est « l’île verte » dont parlent les guides, mais une chose est certaine :
C’est l’île de la banane !
Des hectares et des hectares de bananes. Davantage de bananes qu’à Madère.
Imaginez-vous ?

Chaque parcelle, chaque jardin, chaque bas-côté, même sous les ponts. Le plus petit espace est occupé par des bananiers.

A noter que la culture de la banane s’est étendue ces dernières années, contribuant à freiner l’émigration et à améliorer le niveau de vie.

     Ayant appris que le port de Tazacorte était bien mieux abrité du vent et de la houle que "notre" port de Santa Cruz, très agité ces jours-ci, nous allons voir ce qu'il en est réellement.

Tazacorte est la plus petite ville de l’île (comportant 14 agglomérations au total), avec, elle aussi, sa plage de sable noir.

Le port, lui, est en bas, bien plus loin. Loin de tout en fait. Il est en effet bien protégé mais les places semblent rares  et surtout, il est cerné par le béton.

  Ce côté offrant la vue la plus belle !?

Nous n’avons plus aucun regret. Nous sommes bien mieux à Santa Cruz.

     Nous terminons cette boucle du sud de l’île par Los Llanos (le plateau) de Aridane, zone enclavée au centre de cette vallée fertile de Aridane au milieu de plantations de bananes et d’avocats.

Quelques trop rares balcons typiques.

Mais la particularité de cette région est le laurier géants d’Inde.

Ces lauriers, gigantesques, trônent en plein cœur de la ville. Un seul arbre offre un périmètre d’ombre impressionnant dont nous profiterons pour tenter de nous rafraîchir un peu.

  

La Caldera de Taburiente 

Il est impossible de visiter La Palma sans aller voir, du sud ou du nord, son énorme cratère au centre de l’île, d’un diamètre (variant selon les sources) d’environ 10 km et dont la profondeur des ravins est de plus de 1500 mètres.

C’est aujourd’hui depuis le mirador de la Cumbrecita
que nous allons admirer l’impressionnante Caldera de Taburiente.

Dans ce parc naturel, où la richesse est l’eau provenant des sources et galeries arrosant la vallée fertile de Aridane, prédomine le pin canarien, espèce ayant la vertu, adulte, de résister aux incendies.

Le sentier menant au mirador offre une vue spectaculaire sur cet incroyable accident de la nature. Il permet d’observer la pente vertigineuse des ravins ainsi que les traces laissées par la lave lors des éruptions.
  
  
Vue superbe - Silence absolu –Sentiment de paix.

C’est avec regret que nous rebroussons chemin.

     Passant par le Mont El Pilar (à 1450m) pour rejoindre Santa Cruz de la Palma, un paysage surprenant.

 
 

Puis, redescendant vers l’est, le paysage change totalement.

Nous pénétrons sur une route où les fougères, le lichen et une multitude de plantes verdoyantes sont la preuve d’une intense humidité qui se devinerait les yeux fermés, tant l’odeur d’humus qui s’en dégage est saisissante.

Cette région est magnifique et la route se poursuit ainsi, dans des nuances de vert de plus en plus variées, sur des kilomètres.
Il y a même des vaches broutant près de quelques restaurants.

Serait-ce ici que se trouve la bonne viande ?!

L’envie d’un bonne pièce de bœuf ne manque pas mais nous devons rentrer. Demain nous allons visiter le nord et avons prévu de marcher.

De la route qui descend sur Santa Cruz, nous sommes surpris de découvrir que le port est construit au pied d’un cratère, comme surgissant de sa bouche.

 
 

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